Ozouf Sénamin AMEDEGNATO

Associate Professor of French Linguistics
Department of French, Italian & Spanish
Faculty of Arts

   

 

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Baobab

 

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Le baobab

 

  • Fiche technique

Règne: Plantae
Division: Magnoliophyta
Classe: Magnoliopsida
Ordre: Malvales
Famille: Bombacaceae
Genre: Adansonia [d'après Michel Adanson, botaniste français, 1726-1806]

Les différentes espèces pour le genre Adansonia:
1 en Afrique: Adansonia digitata
1 en Australie: Adansonia gregorii ou gibbosa
6 à Madagascar: Adansonia grandidieri, Adansonia madascariensis, Adansonia perrieri, Adansonia rubrostipa, Adansonia suarezensis et Adansonia za

  • L'arbre

Le mot baobab vient de l'arabe buhibab qui veut dire «nombreuses graines». Parti d'Afrique ou d'Arabie, le baobab s'est, à la faveur des voyages et des échanges commerciaux, répandu un peu partout dans la zone intertropicale: Zanzibar, Madagascar, Île Maurice, Inde, Malaisie, Indonésie, Antilles, Guyane et Australie. Cet arbre qui ne fait pas l'objet d'exploitation commerciale à grande échelle, est intéressant à plus d'un titre. Il a une longevité exceptionnelle: entre 1000 et 3000 ans -- information pourtant difficile à confirmer car, du fait de la sécheresse, le baobab ne produit pas de cernes tous les ans, rendant ainsi problématique la datation dendrochronologique. De plus il mesure plusieurs mètres de haut (20 en moyenne) et atteint facilement 11 mètres de diamètre. Il est dépourvu de feuilles pendant neuf mois. Pendant les trois mois que dure la saison des pluies, le baobab porte des feuilles et accumule des réserves d'eau dans son tronc trapu et souvent creux, en vue de la saison sèche. Son bois est spongieux, ses racines minuscules et ses fleurs grosses et blanches.

Certains observateurs décrivent le baobab comme semblable à un arbre déraciné et replanté à l'envers, parce que les branches ressemblent à des racines. Justement selon une légende arabe, c'est le diable qui aurait arraché le baobab et forcé ses branches dans la terre en laissant les racines à l'air libre. Une autre légende moralise au sujet de l'éternelle insatisfaction: «Le baobab était parmi les trois premiers arbres sur terre. Vint le palmier, svelte et grâcieux. En voyant le palmier, le baobab voulut être plus grand. Advint ensuite le flamboyant avec ses jolies fleurs; et le baobab d'être jaloux et de vouloir la même chose. Lorsqu'il découvrit le magnifique figuier, il voulut aussi porter des fruits. Fâchés, les dieux décidèrent d'arracher le baobab et de le replanter à l'envers, afin de le faire taire».

Dans Le Petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry, le baobab est décrit comme un arbre aussi grand qu'un château, ce qui scuscite les inquiétudes du Petit Prince.

Le baobab est un arbre à usages multiples:
L'écorce sert à confectionner des cordes et des vêtements; elle peut également servir comme teinture et comme combustible.
La feuille est comestible: on peut en faire une sauce délicieuse (feuille fraiche ou poudre séchée); riche en beta carotène et en acides aminés.
Le fruit communément appelé pain de singe peut, selon l'espèce de baobab, avoir une forme sphérique ovoïde ou allongée ellipsoïde, avec une enveloppe pelucheuse, dure, ligneuse, vert brunâtre ou gris jaunâtre. Il mesure entre 20-54 cm de long et environ 7.5 cm de diamètre. Il contient une pulpe blanche ou rosée, au goût acidulé, qui est utilisée pour faire une boisson (le jus de bouy) ou de la bouillie. Il contient également des graines (de la taille d'un haricot, dures, réniformes, brun noir avec des incrustations brun rouge) qu'on utilise le plus souvent pour épaissir les soupes, mais qu'on peut aussi consommer tel quel, grillé ou encore en extraire de l'huile végétale; riche en vitamines C, B1 et B2, en phosphore, en fer et protéines.


Traditionnellement en Australie, le baobab était utilisé comme source d'eau, de nourriture et de médication. L'extérieur de fruits était aussi utilisé comme ornement, après avoir été paint et sculpté. Les Indiens s'en servent pour traiter les dysenteries et les diarrhées, mais aussi contre l'asthme.
Enfin, le baobab est arbre national à Madagascar où, rappelons-le, il existe six variétés différentes. Il a le même statut au Sénégal, où se trouve, semble-t-il le plus grand baobab au monde.

  • Souvenirs

Je me souviens du baobab de mon grand-père Sondou, arbre majestueux, à la fois fascinant et redoutable. Il faut dire qu'il est gigantesque et qu'il domine littéralement la cour extérieure de la maison familiale. Il assure, du haut de ses nombreux mètres, la présence symbolique, bienveillante et rassurante de l'ancêtre trop tôt disparu, le brave. Nous ne l'avons jamais connu. Selon Grand-mère, il aurait planté lui-même cet arbre. Personne n'y croyait vraiment, vu la taille de l'arbre. Mais peu importe! Il faut honorer la mémoire des ancêtres qui veillent candidement sur nous et plaident notre cause auprès des dieux. Je le sais pour l'avoir entendu.
Comme le baobab familial était beaucoup trop grand pour être apprivoisé d'un tour de bras, mon cousin Dadja avait creusé à même le tronc de l'arbre, des petits trous pour l'escalade. Une ou deux fois par semaine, il fallait y monter pour cueillir des fruits ou -- cas le plus fréquent -- des feuilles, meilleures quand elles sont plus jeunes. Personnellement, je n'osais pas trop. Monter sur un baobab peut s'avérer un réel défi. L'écorce est plutôt glissante, et puis, il faut bien justifier ses peurs auprès des autres grimpeurs. Mais j'ai toujours apprécié son ombre épaisse, celle du tronc en fait, idéale pour la sieste par temps chaud, mais aussi pour les interactions sociales, car les feuilles et les fruits sont aussi objet de don. L'ombre du baobab est donc propice aux rassemblements, et plusieurs personnes peuvent s'adosser à ce tronc immense. L'ombre du baobab invite à la palabre. Il est important de parler; c'est un massage pour la gorge.

Vous ai-je dit que ce village où j'ai grandi était aussi le terminus du train au pays? Hélas aujourd'hui seules les marchandises font le voyage. Il n'y a plus rien à voir: plus de rassemblement sous le baobab des enfants du quartier attendant l'arrivée du train, plus d'inconnus à saluer au passage du train avec un enthousiasme tout éphémère, plus de course poursuite avec le train pour l'entrée en gare. Plus rien de tout cela. Fini! Mais le baobab de Grand-père est toujours là, généreux et imperturbable, tel un phare au milieu de cet océan de changements. Il est possible de garder le cap...

  • Quelques proverbes contenant le mot "baobab"

- La science est le tronc d'un baobab qu'une seule personne ne peut embrasser...
- La force du baobab est dans ses racines.
- Si un petit arbre est sorti de terre sous un baobab, il meurt arbrisseau.
- Il arrive qu'un baobab ait des épines.
- Si le baobab existe encore de nos jours, c'est qu'il n'a pas cherché à résister aux vents.
- Il est plus facile d'arracher un brin d'herbe dans le pot de fleur de son voisin qu'un baobab dans son propre jardin.
- C'est au pied du baobab qu'on voit le mieux le baobab !
- Pour monter au baobab, il faut être ami aux branches
- L'ombre du baobab incite à la sieste.
- Ne rôtissez pas les graines de baobab pour les laisser à ceux qui ont des dents pour les mâcher. [i.e. "Ne commencez pas de disputes entre les gens en racontant des histoires".]
- Le baobab est ridé, et ses enfants sont lisses. [i.e. "À père avare, fils prodigue"; contre-proverbe de "La chèvre monte sur la marmite et son petit la regarde", i.e. "Tel père, tel fils".]

  • Photothèque

Quelques liens ayant servi à écrire cette présentation:
Wikipedia en français
Wikipedia in english
The Most Complete Gallery on Adansonia
Jardin Botanique et Pepinière
Baobab Fruit Company

Design: osa © 2005

Last Update: 10/2013

"You can fool some people all of the time, and all of the people some of the time, but you cannot fool all of the people allof the time " (A. Lincoln)